PODCAST | Les lettres de sang vont-elles innocenter Omar Raddad ?

30 ans après le meurtre de Ghislaine Marshal à Mougins, l’avocate d’Omar Raddad, Me Noachovitch, va déposer, jeudi, une requête en révision sur fond d’expertises ADN
L’avocate Me Sylvie Noachovitch s’appuie sur des traces d’ADN qui n’appartiennent pas à l’ex-jardinier de la défunte. (Photo archives M.G.)

Gracié par le président Jacques Chirac, mais pas innocenté au regard de la Justice : 30 ans après les faits, Omar Raddad poursuit son combat pour être définitivement lavé de tout soupçon.

Employé comme jardinier, il avait été condamné par la cour d’assises des Alpes-Maritimes à 18 ans ans de réclusion criminelle pour le meurtre de sa patronne, dans une luxueuse villa de Mougins, commis le 23 juin 1991. 

Au coeur de cette affaire, sur deux portes du sous-sol de la maison dans laquelle se trouvait le corps de la défunte, les enquêteurs avaient retrouvé des inscriptions manuscrites, en lettres de sang, dont le fameux « Omar m’a tuer » passé à la postérité avec son énigmatique faute d’orthographe. 

Ce sont ces mêmes lettres de sang qui accusaient Raddad à l’époque et pourraient en fait, trois décennies plus tard, totalement le disculper, estime, au micro de SmartRadio, son avocate Me Sylvie Noachovitch.

Un rapport d’expertise rendu en 2019 sème le doute. L’ADN du jardinier est absent. Et « grâce aux progrès scientifiques, un ADN (d’un homme non identifié, NDLR) a été retrouvé à 35 reprises sur ces écritures soi-disant de Mme Marshal » explique-t-elle.

Plus intrigant encore, un autre ADN prélevé sur la porte de la cave à vin a même « matché » sur le fichier des empreintes génétiques, faisant ressortir un nom qui pourrait être celui du vrai coupable, selon elle. 

Tous ces éléments la poussent donc à déposer, ce jeudi, une requête en révision devant la cour dédiée à ces dossiers, à Paris.

Une première demande avait échoué en 2002. Mais, depuis, la loi a changé et les conditions de révision d’un procès criminel se sont assouplies.