PODCAST A Nice, Muselier fustige ceux « qui se calfeutrent au fond de la cale pendant la tempête »

Renaud Muselier en campagne à Nice - Photo Manon Aversa
Alors qu’il est l’objet de vives critiques dans son propre parti, le président LR de la Région Provence-Alpes-Côte-d’Azur a assuré, ce lundi après-midi à Nice, que sa liste ne comportera aucune personnalité ayant un mandat national lors du scrutin des 20 et 27 juin. La polémique sur une alliance avec LREM divise la Droite. Selon l’élu marseillais, il n’y a pas d’accord d’appareil, ni de fusion de listes puisque celles-ci ne sont pas encore faites.
Renaud Muselier veut obtenir le soutien de sa famille politique - Photo Manon Aversa

Si les mots ont un sens, il y avait un peu de direct du droit et un zeste de velours sur le gant de boxe politique de Renaud Muselier ce lundi en fin de journée. Le président sortant de la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, en marge d’une double visite à Tende et à Nice, a tenté de répondre aux polémiques qui font rage dans le camp LR depuis l’annonce du désistement -en sa faveur- de la liste La République en marche lors des prochaines élections régionales.

Devant un parterre dense de micros, la version uppercut est d’abord adressée aux critiques dont il fait l’objet parmi les Républicains, notamment celles du député des Alpes-Maritimes, Eric Ciotti et du maire de Cannes, David Lisnard, vent debout face à cette alliance avec les couleurs d’Emmanuel Macron. « Comme dans toutes les tempêtes, on reconnaît deux catégories de marins : ceux qui se calfeutrent au fond de la cale et qui attendent que ça passe et ceux qui montent sur le pont, prêts à faire face, fidèles au poste. Je suis très heureux d’être aux côtés de Christian Estrosi qui fait partie de la deuxième catégorie mais cela n’a surpris personne » lance-t-il notamment en présence du maire de Nice à ses côtés.

« Il y a énormément de rumeurs, de fake news qui circulent sur la composition des listes. Elles seront déposées le 17 mai »

A en croire l’élu marseillais, il n’y a de toute façon pas vraiment le choix pour, dit-il, « éviter (que la Région) tombe aux mains d’un parti extrémiste ou sectaire». Face au Rassemblement national qui le menace dans les sondages, Renaud Muselier prône ainsi « un rassemblement plus large parce que le dépassement est impératif pour des élections locales».

Selon lui, ses détracteurs ont le tort de croire que les Régionales puissent préfigurer une alliance du même ordre lors de l’élection présidentielle qui approche dangereusement. « J’entends des polémiques et des déclarations sans nuance qui parlent plus de la présidentielle et des législatives que des intérêts des cinq millions et demi d’habitants de la Côte d’Azur, justifie-t-il. Ce n’est pas mon calendrier, pas ma préoccupation. Je suis très déterminé. »

Quoi qu’il en soit, Renaud Muselier devra faire sans l’investiture LR « qu’il n’a jamais demandée », retirée en guise de sanction par le président des Républicains, Christian Jacob. Il sera présent ce mardi à Paris pour la grande explication de texte avec les dirigeants nationaux afin de réclamer le « soutien de ma famille politique ». Celle-ci pourrait décider la constitution d’une liste concurrente. Ce qui à l’entendre ne l’émeut guère car « je n’ai pas peur de grand-chose » prévient-il, un peu martial. Union pragmatique sur fond de rabibochage de circonstance ou divorce consommé sans prestation compensatoire à droite, l’équilibre ne tient visiblement plus qu’à un fil. Ténu.